RASSEMBLEMENT AILEFROIDE JUILLET 2020 (Partie 1)
Publié le 30 Septembre 2020
06 et 07/07/2020
Alpinisme « Vieux Piton » à la pointe des Cinéastes, le 07 juillet 2020
Cordées: Maxime & Marie ; Charlotte & René
Arrivés en pionniers au camping d’Ailefroide, René et Charlotte proposent à Marie et Maxime de commencer les activités dans les Ecrins par la pointe des Cinéastes, via la voie Vieux Piton : « pas de grande difficulté, y’a juste un petit pas » annonce René.
C’est ainsi que l’on se rend tous les 4 au parking du Pré de Mme Carle le lundi 6 juillet matin. Les 700m de montée au refuge du Glacier Blanc sont déroulés tranquillement, à la « fraiche ». La quincaillerie alourdit fortement nos sacs, c’est un bon échauffement pour les jambes. L’arrivée au refuge se fait un peu avant midi où un bon plat de lasagnes nous attend. Sous le charme des lieux, ou dans un élan de folie, Maxime réserve 2 places au refuge des Ecrins pour le lendemain soir...
Après une après-midi farniente, un copieux diner dont une soupe 3 étoiles, c’est parti pour une longue et bonne nuit de sommeil : pas loin de 10 heures. Réveil à 7 heures et départ à 7h30. L’approche de la voie se faisant de jour, elle n’a rien de compliqué mais Maxime, qui cavale en tête, y apporte un peu de piment en choisissant un itinéraire qui traverse un névé bien gelé, ce qui oblige le reste du groupe à chausser les crampons...
Le départ de la voie est facilement repéré grâce à l’inscription « VIEUX PITON » à la peintureblanche sur le granite noir. L’objectif se devine 300 mètres plus haut, c’est magnifique.
Maxime se lance en tête et clippe un premier vieux piton à 2 mètres du sol en fanfaronnant « ce point est symbolique !». Cependant, les pieds et les mains refroidis par le rocher gelé ont du mal à agripper sur cette dalle moutonnée un peu patinée, bien que d’apparence très facile: zip et patattra, retour à la case départ pour Maxime. Heureusement, le magnifique assurage dynamique de Marie fait son effet, pas de bobo.
Nouveau départ pour Maxime, et le bon cette fois, le premier relais est atteint rapidement (NDLR : après relecture du topo, il s’agissait du mauvais relais, trop à gauche…mais c’est pas grave). Après une L2 courte, et s’être installé sur un R2 malcommode pour limiter le tirage, L3 et L4 nous élèvent par un beau dièdre puis sur le fils d’un pilier orienté sud-est. Certains pas sont fins (5 sup, voire 6a) mais ils sont vite oubliés par la qualité du rocher, la vue et l’ambiance qui sont magnifiques. La voie est entièrement équipée de goujons et pitons qui sont parfois espacés mais on les complète au besoin avec des coinceurs.
L’ambiance se poursuit dans les L5 et L6 avec une impressionnante traversée, bien suspendue, vers la face sud-ouest de la voie. A noter le grand moment de solitude de Maxime dans L6 qui a cherché un bon moment le point suivant et a reçu pour seul réconfort à sa question « René, René, c’est par où ? » le doux son de sa voix « je ne sais plus ».
Il faut dire que cette longueur commence en ascendance vers la gauche puis brutalement, change pour une ascendance vers la droite, ce qui est original. La dernière longueur est avalée par les 2 cordées qui se retrouvent au sommet, ravies de cette ascension.
Compte tenu de l’heure tardive et de la fatigue, on choisit de ne pas poursuivre sur l’arête des Cinéastes et de descendre par sa voie normale qui s’avère assez longue compte tenu du terrain rocailleux et des petits pas de désescalades faciles mais qui méritent de l’attention. A l’arrivée au refuge du Glacier Blanc, Charlotte et René savourent une part de tarte à la myrtille tandis que Marie et Maxime s’équipent pour arriver au refuge des Ecrins sans trop de retard pour le diner.
Maxime
07/07/2020
Alpinisme : Roche Paillon et Emile Pic
Cordée: Maxime & Marie
Malgré les 30 minutes de retard (cf course du 7 juillet), Marie et Maxime sont accueillis avec le sourire au refuge des Ecrins où un bon diner les attend. Apres une nuit en pointillé dans une chaleur étouffante, réveil à 4h00 par le gardien.
On s’équipe vers 4h45 dès la sortie du refuge, directement en mode couloir, en corde tendue courte. L’accès au couloir de la roche Paillon se situe dans les pentes sud à l’arrière du refuge, juste derrière une épaule de neige repérée la veille. On s’attend à être la seule cordée dans cette course, bien moins courue que ses cousines d’en face, mais on rattrape et dépasse un groupe d’une dizaine de personnes en formation « initiateur », en train de s’équiper...zut.
On arrive au pied du couloir qui semble en bonne condition, il y a eu un bon regel pendant la nuit. Ce couloir est long d’environ 200 mètres, il est impressionnant de par son étroitesse mais sa pente ne dépasse pas les 40-45°. C’est une première pour Marie : les mollets et les fessiers chauffent rapidement, quelques courtes pauses sont nécessaires pour refroidir tout ça ! Mais la pression du groupe qui nous rattrape lui donne des ailes et on en sort assez rapidement.
On laisse nos affaires au col pour aller rapidement toucher le sommet de Roche Paillon qui s’atteint par une arête rocheuse, sur la gauche, où le panorama est magnifique. On peut deviner tout le parcours d’arête qui nous attend jusqu’au col Emile Pic. Il commence par une descente avec quelques pas de désescalade facile où il faut malgré tout de l’attention car le rocher est délité.
Nous enchainons sur l’arête qui permet d’atteindre le sommet d’Emile Pic. Son départ n’est pas si évident à trouver. C’est seulement après quelques tentatives infructueuses que l’on finit par trouver un itinéraire qui permet de rejoindre le fils de l’arête. Ensuite, le parcours est évident, on ne quitte plus le fils de l’arête. Les nombreux becquets permettent une progression rapide en corde tendue, c’est magnifique. Arrivés au sommet, on s’accorde une pause casse croute pour profiter du panorama notamment sur les pics Neige Cordier et du glacier Blanc. On décide de ne pas faire l’aller-retour au sommet de Neige Cordier car Marie commence à en avoir plein les pattes après la longue journée de la veille et une longue descente nous attend.
Le col Emile Pic se rejoint par quelques pas de désescalade, toujours avec de l’attention sur le rocher délité, puis via les pentes de neige nord-est. Le col est formé par un mur de neige qui se contourne rive droite. On rejoint le rappel rive droite, que le gardien du refuge nous avait indiqué la veille. Marie se lance la première dans le rappel. Le passage n’est pas évident car notre seul et unique brin de 50 mètres arrive pile au niveau de la rimaye ce qui rend la situation peu confortable. On passe très rapidement sur le petit pont de neige restant avant de dévaler les pentes de neiges et rejoindre le glacier blanc, bien content.
On entame alors la descente jusqu’au parking du pré de Mme Carle, sans oublier la tarte aux myrtilles du refuge du glacier blanc, bien méritée.
Maxime
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